Pénélope Caspard-Karydis (dir.), La Presse d’éducation et d’enseignement…, 2000-2003

Caspard-Karydis (Pénélope), sous la direction de, La Presse d’éducation et d’enseignement 1941-1990 : Répertoire analytique. Paris, Institut national de la recherche pédagogique, Service d’histoire de l’éducation, t. 1, A-D, 2000, 763 pages ; t. 2, E-K, 2003, 702 pages.

Instrument permettant la connaissance et la recherche, le répertoire recensant les sources, les titres d’ouvrages ou de journaux, reste indispensable en version papier. Cette présentation résistera-t-elle à la complémentarité, devenue concurrence et prétexte efficace pour refuser tout crédit, offerte par l’utilisation d’Internet ? La presse enseignante et d’éducation jusqu’en 1940 avait été recensée dans les quatre volumes de ce qui était devenu le « répertoire Caspard ». Il aurait dû être complété par Denise Karnaouch pour la presse syndicale et corporative jusqu’en 1940. Cette recherche engagée dans le cadre de l’INRP de façon isolée, puis abandonnée par le commanditaire, a été relayée par le Centre d’Histoire sociale du XXe siècle. Grâce à l’investissement de l’auteur, il vient de voir le jour et peut être consulté sur le site Internet du CHS. Les principes retenus pour ce répertoire se sont stabilisés : publications sur la jeunesse et ses organisations (mais pas L’Avant-garde, le périodique de la jeunesse communiste), sur l’école, sur l’éducation au sens large « en dehors du cadre public ». Dans une rubrique « remarques », la directrice établit une liste de treize types de publications ne faisant pas l’objet d’analyses systématiques. Toutefois elle précise qu’il y a des « exceptions … relativement nombreuses ». La présentation reste normalisée : description bibliographique, objectif, contenu (avec une amélioration notable puisque l’évolution de la revue est esquissée), cotes de la Bibliothèque nationale de France et de quelques bibliothèques parisiennes. Toutefois, de grandes bibliothèques de provinces, des bibliothèques des universités provinciales, voire des dépôts d’archives publiques ou privées, peuvent posséder ces collections pour des raisons variées. Enfin, innovation significative, chaque notice est signée par un des principaux collaborateurs de l’ensemble. Nous ne pourrons juger définitivement qu’à la livraison des deux autres tomes prévus. Pourtant, déjà, soulignons l’immense intérêt de l’entreprise. À première vue, elle paraît exhaustive pour les mouvements d’origine confessionnelle. Qu’en est-il pour les mouvements laïques ou pour les diverses publications qui fleurissent dans la fin des années 1960 ? Qu’en est-il de la presse politique en direction des questions scolaires, presse éphémère, souvent départementale, à partir des années 1960 ? L’ampleur des rubriques consacrées aux publications nationales du syndicalisme enseignant ne peut que nous faire regretter la quasi absence de nombreuses publications départementales ou académiques. L’orthographe des noms sera à vérifier au moment de la rédaction de l’index onomastique définitif (par exemple, Jean Battut orthographié Battur, p. 57, comme directeur d’école et socialisme). Enfin pourquoi ne pas avoir consacré une rubrique aux Documents EDSCO, évoqués seulement dans Le journal scolaire et dans L’École et la Nation ? Ne boudons pas notre grande satisfaction devant cet ouvrage collectif, bien dirigé qui figurera dans les lieux de recherche. En outre, il devrait intéresser tous ceux qui, par profession ou par passion, accordent une partie de leurs réflexions ou de leurs activités aux mouvements éducatifs.

Jacques Girault
Pour citer
Jacques Girault, « Compte rendu de Pénélope Caspard-Karydis (dir.), La Presse d’éducation et d’enseignement…, 2000-2003 », Le Mouvement Social, et en ligne : http://mouvement-social.univ-paris1.fr/document.php?id=788.
Mise en ligne le 15 mars 2005.
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